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Le Blog de jlduret

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Pensez juste ou pensez faux mais pensez par vous-même ! Depuis Socrate, le devoir du penseur n’est pas de répéter la doxa du moment mais de la questionner. Sans cette liberté d’exprimer opinions et pensées, point de démocratie.


L'étude "choc" sur les OGM= une étude biaisée à prendre avec des pincettes ?

Publié par jlduret sur 25 Septembre 2012, 21:02pm

Catégories : #Sciences

A lire ici en totalité sur "Pseudo-Sciences"

Ce qui discrédite cette étude, ce sont bien des arguments techniques. L’étude est analysée dans tous les laboratoires du monde s’intéressant au sujet. Et de façon quasi-unanime, ce qui ressort à cette heure, c’est sa faiblesse et les énormes biais méthodologiques qui lui enlèvent toute validité. Une liste détaillée des premières analyses peut être trouvée sur le site du biologiste Marcel Kuntz2OGM

Principales mises en cause : le protocole statistique inadapté, la taille de l’échantillon insuffisante, la souche de rats utilisée qui présente une forte propension à développer des tumeurs avec l’âge. Mais également, l’absence de données clés qui permettraient de mettre en avant d’autres causes au développement de ces tumeurs (comme le détail de l’alimentation, la possible présence de mycotoxines, etc.).

 

Ajoutons également que les auteurs de l’étude affirment qu’il n’y a jamais eu d’étude à long terme sur les effets des OGM sur les animaux (et notamment les rats), et présentent ainsi leur travail comme une grande première mondiale. La réalité est différente. De telles études existent3.

Soulignons enfin que Gilles-Éric Séralini n’en est pas à sa première publication qui promet des résultats importants, et qui, finalement, se révèle par la suite inconsistante ou méthodologiquement biaisée4.

Bien entendu, les agences de santé publique sont saisies, elles vont produire leurs analyses et conforter ou non ces premières réactions.

Mais les auteurs de l’étude ont encore de nombreuses cartouches pour rendre confuse la suite des événements. Ainsi, ils dénient aux experts des agences européennes toute légitimité à enquêter sur leurs travaux et exigent des « experts indépendants »5, c’est-à-dire qui seraient agréés par eux. L’expertise publique est rejetée... Imaginons ce qui se passerait si les dirigeants de Monsanto, par exemple, refusaient une telle expertise et déclaraient vouloir accréditer eux-mêmes les « bons » experts ?

 

Qui s’est ridiculisé dans cette affaire ?

Seulement quelques jours après la réalisation de ce « coup politique », quelques premières leçons peuvent être tirées. Elles sont provisoires, car à n’en pas douter, l’offensive médiatique va se poursuivre.

Tout d’abord, qui s’est ridiculisé dans cette affaire ?

- La revue Food and Chemical Toxicology qui semble ne pas avoir su respecter les standards en matière d’acceptation de texte.

- Une certaine presse qui, au mépris de toute déontologie de l’information, a commenté l’information sur un registre alarmiste sans s’entourer de la moindre précaution ni effectuer les vérifications auprès de professionnels du domaine.

- Les politiques qui en ont fait de la surenchère (à quoi bon entretenir plus de 1244 agences techniques en tout genre9 pour raconter autant de sornettes ?).

- Enfin et surtout, les auteurs d’une étude qui instrumentalise la science à des fins idéologiques.

Toutefois, la communauté scientifique a très mal accepté cette instrumentalisation. À avoir agi aussi légèrement sur le plan scientifique, les auteurs de cette belle opération médiatique risquent de se couper définitivement d’un lien qui leur est pourtant nécessaire pour afficher une crédibilité scientifique à leur combat politique.

 

Des déclarations gouvernementales qui fragilisent l’expertise publique

Le « coup politique » a fonctionné, sans doute au delà des espérances. Du moins jusqu’à maintenant. Les ministres de la République, peut-être par peur d’une opinion publique qui pourrait les accuser d’un « scandale sanitaire », ont privilégié les annonces fracassantes, accréditant la thèse du danger des OGM et renforçant en retour la peur du public. Pourtant, leur devoir aurait dû être d’abord d’attendre, avant toute déclaration, les avis des agences de santé publique sollicitées pour l’occasion. Une prudence qui aurait été d’autant plus nécessaire que l’« étude choc » va à l’encontre de dizaines et dizaines d’analyses sur le même sujet6, et de l’avis unanime des instances nationales et européennes de santé publique. C’est l’expertise publique qui s’en trouve une fois de plus fragilisée, alors que le rôle du gouvernement devrait être de la protéger et la renforcer.

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