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Le Blog de jlduret

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Pensez juste ou pensez faux mais pensez par vous-même ! Depuis Socrate, le devoir du penseur n’est pas de répéter la doxa du moment mais de la questionner. Sans cette liberté d’exprimer opinions et pensées, point de démocratie.


Rétropédalage climatique

Publié par jlduret sur 16 Mai 2022, 19:00pm

Catégories : #Réchauffement climatique

Les modèles climatiques ...

Or donc, depuis bien des temps votre serviteur répète et montre [1] que tant que les modèles climatiques ne sont pas validés ils restent certes des outils d’intérêt scientifique mais ne sauraient servir de fondement à des politiques climatiques. Ceci est aggravé par leur utilisation pour la mise en perspective des pires scenarios du pire qui servent d’épouvantail, comme s’il s’agissait d’un courant normal (business as usual) qui nous mèneraient au cataclysme.

Poser des questions et mettre en doute étant devenu sacrilège, l’hérétique était relégué au rang de négationniste incompétent et ne recevait pas d’autres réponses que l’accusation de picorage sélectif (cherry picking) et malhonnête. La science du climat était réglée.

…sont-ils fiables ?

Dans ce contexte apparaît une bonne nouvelle : des scientifiques bien respectés dans la communauté climatique osent commencer à se poser des questions sur la qualité et la validité des modèles utilisés pour concocter des rapports alarmistes, anticiper des catastrophes exagérées et recommander des mesures démesurées. Dans un commentaire qui vient d’être publié dans le journal Nature (Hausfather et al., 2022) [2], la problématique des modèles qui surchauffent (hot models) est enfin abordée. Ce n’est pas encore une hérésie totale mais une ouverture qui interpelle.

 Ils sont en tous cas très éxagérés et carbo-centrés ...

Sans entrer dans des détails techniques il est constaté que, sous certaines conditions, la sensibilité du climat à la concentration du CO2 et d’autres gaz à effet de serre se révèle exagérée. Il est également constaté que cela n’a pas de sens de traiter tous les modèles existants comme étant également valables afin de déduire des valeurs globales moyennes ou médianes dans une large plage (model democracy).

Plus important, il est proposé de changer d’approche. Toutes les évaluations du GIEC sont fondées sur des projections dans le futur de « trajectoires représentatives de concentration [3] » plus ou moins intenses. Selon que l’on craint mal vivre si la température montait de 1,5 ou 2 °C, il en est résulté un concept de budget carbone à ne pas dépasser. Ce fut un coup de génie car cela a permis de communiquer très simplement un reste-à-vivre avec les fossiles, un net zéro carbone qui doit être atteint au plus vite, et trois ans pour agir avant qu’il ne soit vraiment et définitivement trop tard. Ce qui est parfait pour l’alarmisme peut néanmoins être mauvais conseiller.

Ils proposent une autre approche

Les auteurs proposent de mettre en perspective comment le climat s’établirait si le réchauffement atteignait un certain niveau, par exemple, 1.5, 2, 3 ou 4 °C. Plutôt que se préoccuper d’un calendrier d’émissions de CO2, il faudrait évaluer et décrire les régimes de précipitations correspondants, ou le niveau des mers, ou tout autre paramètre d’intérêt. Il en résulterait des représentations distinctes des habituelles courbes en fonction du temps, montrant l’état des choses auquel il faudrait s’attendre plutôt que le chemin qui nous y mènerait. Puisque les évaluations de la sensibilité du climat aux gaz à effet de serre sont très dispersées, il s’agirait aussi de tester les modèles en dehors de la fourchette probable de 1,4 à 2.2 °C (likely, à seulement 66%). Cela permettrait de cerner des situations régionales, donc particulières. Il est aussi suggéré de comparer des résultats obtenus entre des conditions extrêmes et des moyennes, ce qui permettrait de mieux tester la cohérence des modèles et, éventuellement, de chercher d’autres métriques à appliquer, par exemple, de mon point de vue, autre chose que le CO2.

Le changement de perspective qui est proposé devrait avoir un impact sur les conclusions politiques qui pourraient en être tirées. Peut-être alors serait-il possible de sortir de la tyrannie du net-zéro avant 2050 et de considérer avec sobriété des mesures plus adaptatives au climat que correctrices du climat. Les implications socio-économiques sont immenses. Ouvrir ce type de discussion est une bonne nouvelle. Il faut souhaiter que les auteurs ne subissent pas un shitstorm qui mettrait un terme à leur lucidité.


[1]     Essai  » Entre hystérie et négligence climatique  » (2018)
Articles de Blog :
Climat : les modèles restent ce qu’ils sont, invalides (2020),
Performance prévisionnelle des modèles climatiques (2019),
Les climatologues amoureux de leurs modèles (2018),
Les modèles surchauffent (2017),
Le climat a mal aux modèles (2016),
Climat : l’art et la science de l’ajustement des modèles (2016),
Là où les modèles climatiques échouent (2016)

[2]    Hausfather, Z. et al. (2022) ‘Climate simulations: recognize the “hot model” problem’, Nature, 605, pp. 26–29.
Available at: https://www.nature.com/articles/d41586-022-01192-2.

[3]    Concentration en CO2 ou équivalent CO2-eq. En anglais Representative Concentration Pathway (RCP) qui ont maintenant évolué en Shared Socio-economic Pathway (SSP).

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Ah les bons modèles …..

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F
Bjr<br /> En quoi est ce du "rétropédalage climatique" ?<br /> C'est plutôt ce blog qui rétropédale, on passe du non réchauffement à un réchauffement admis et reconnu.<br /> Après que tel ou tel gaz en soit le responsable ou ne sais-je encore, je ne vois pas ce qui fera changer le cap prit par nos politiques toujours élues démocratiquement et dont la majorité des citoyens est persuadée de sa préoccupation écologique. Et les sondages ne cessent de démontrer les priorités écologiques de nos sociétés riches, donc ça ne va rétropédaler de si tôt ... Je suis même certain que le braqué va encore augmenter et ce, très rapidement. Il n'y a même plus besoin du GIEC et de ses gesticulations, ça va passer avec l'approbation d'une majorité et les gens applaudiront ...
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J
Bonjour Franck,<br /> Je suis assez d'accord avec ce que vous écrivez, sauf sur le fait que ce Blog a nié le réchauffement climatique. En effet comme bon nombre de gens pas trop idiots, je sais lire les courbes et ai toujours constaté qu'il y avait réchauffement. Je n'ai plus le livre d'Allègre mais j'ai conservé l'idée qu'il contestait, plutôt que le réchauffement, les méthodes de mesures qui arrivaient à cette conclusion et il me semble qu'il pensait que l'on exagérait les chiffres à cause de relevés mal fait (ex les stations qui au cours du temps étaient rapprochées des villes par la croissance de celles ci ce qui provoquait des valeurs T° sur estimées). En tous cas si vous trouvez sur mon Blog un article niant le réchauffement, dites le moi. Cordialement
F
Bjr Mr Duret,<br /> <br /> Effectivement, on est bien passé du "négationnisme" comme vous dites, à l'acceptation du réchauffement. Je relisais un livre de Mr Allègre, où c'était assez clairement indiqué que point de réchauffement, on remettait même en cause la position des thermomètres pour les quelques degrés de plus, mesurés sur un siècle (à cause de l'urbanisation, de mémoire).<br /> Le titre de votre article est formulé dans un sens qui interpelle et provoque le questionnement : "rétropédalage climatique". On refroidirait alors ! Il aurait peut être été plus indiqué de donner, par exemple "une autre approche du réchauffement". Mais vous êtes bien plus littéraire que moi, excusez-moi pour cette naïveté.<br /> <br /> Quoi qu'il en soit, la planète se réchauffe, on en est tous d'accord maintenant. Hourra !<br /> Est ce grave ? Rien de certain pour la nature elle-même. Je pense même qu'elle s'adaptera sans souci. Saurons-nous y survivre ? Je ne sais pas, à plus long terme. Mais une nature sans nous, est-ce nécessaire ? Et des humains sans nature, ça ne sera pas plus utile et heureux.<br /> <br /> Donc je vous rejoins sur les alarmistes politisés et les brebis vieillissantes de nos riches sociétés, bien que notre jeunesse s'accapare le sujet avec beaucoup d'effroi, probablement les conséquences d'un système éducatif particulièrement inquisiteur sur le sujet écologiste. Mais qui sont et que font les parents ?<br /> <br /> Au delà d'un prétexte climatique, c'est une autodestruction presque orchestrée. Comme chaque grande civilisation qui nous ont précédés d'ailleurs. Vous penserez alors que je suis plutôt aussi un alarmiste. Je crois plutôt que nous n'avons pas les bonnes alarmes.<br /> Bien à vous
J
Bonjour,<br /> Je crois que vous faites une grosse confusion ! Vous dites "...on passe du non réchauffement à un réchauffement admis et reconnu….". Vous ne lisez probablement pas correctement nos publications si vous avez compris que nous nions le réchauffement climatique ! N'importe quel individu pas trop obtus n'est pas un négationniste du climat. Les climatos-sceptiques qui savent lire les courbes savent que la Planète s'est réchauffée, mais ils nient la responsabilité du CO2 et celle de l'humain qui en dégagerait trop en utilisant les énergies fossiles et en mangeant de la viande, entre autres. Le "rétro pédalage", si vous voulez bien vous donner la peine de lire l'article concerne l'alarmiste entretenu et basé sur des "modèles" qui sont déficients _c'est le moins que l'on puisse dire_. Les auteurs de l'étude suggèrent d'aborder ce "problème" autrement. Vous avez raison de dire que les populations sont intoxiquées par les idées de l'Eglise Réchauffiste, appuyée par les "merdias". Nos Politiques qui sont extrêmement mauvais _je parle de leur niveau intellectuel_ et qui ne se soucient que de leurs élections trouvent là un autre bon prétexte pour affoler les gens et les asservir, d'autant mieux que notre pays devient un territoire de "petits vieux craintifs". Un petit peu de réchauffement, un peu de Covid, un peu d'Ukraine, un peu de "bientôt plus de pétrole", un peu de "surpopulation", un peu d'apocalypse …. et çà marche, on tremble tous de trouille ! <br /> Pas moi au fait.

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