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Le Blog de jlduret

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Pensez juste ou pensez faux mais pensez par vous-même ! Depuis Socrate, le devoir du penseur n’est pas de répéter la doxa du moment mais de la questionner. Sans cette liberté d’exprimer opinions et pensées, point de démocratie.


2021 n'est pas l’année la plus chaude !

Publié par jlduret sur 23 Janvier 2022, 10:03am

2021 n'est pas l’année la plus chaude !
 

Par MD.

“Ah! Qu’en termes galants ces choses-là sont mises” (Molière).

1/ Introduction.
Nous étions habitués, depuis quelques années, aux commentaires emphatiques qui accompagnaient la publication en janvier des bilans des températures de l’année écoulée. Nous avions ainsi connu plusieurs fois l’année « la plus chaude » de l’histoire de la thermométrie. Mais rien de tel en janvier 2022, car l’année 2021 a trahi les attentes.

Pour éviter une fâcheuse démobilisation des esprits, nos maîtres à penser ont imaginé un nouveau concept. Nous aurions ainsi connu « les sept années les plus chaudes », expression rhétorique pour dissimuler le médiocre résultat de 2021. Examinons – froidement – ce qu’il en est.

2/ Principales séries de températures.
Les séries de températures sont le plus souvent exprimées en termes d’« anomalies ». Ce terme désigne en réalité des températures relatives (annuelles ou mensuelles) exprimées en écarts par rapport à des périodes étalons (trente ans en général) différentes selon les sources.

Cette notion a déjà été expliquée plusieurs fois sur le présent site. Les quatre sources d’information les plus connues sont énumérées ci-après, avec pour chacune le lien et la période de référence :

Les deux premières utilisent des données thermométriques et combinent températures de l’air ambiant au-dessus des continents et températures de l’eau en surface des océans (SST).
GISS : NASA, Goddard institute for space studies. Indicateur Gistemp-v4 (réf 1951-1980).
Hadley Center et CRU. Indicateur nouveau Hadcrut5 (réf 1961-1990).

 

Les deux autres interprètent depuis 1979 des mesures indirectes par satellites et ballons-sondes.
RSS : Remote sensing system. Indicateur RSS-v4 (réf 1979-1998).
UAH : University Alabama Huntsville. Indicateur UAH 6.0 (réf 1981-2010).
Toutes les données utilisées ici sont immédiatement et librement accessibles.

3/ Evolution des températures globales.
Le graphique ci-dessous limité à la période des satellites (1979-2021) superpose ces quatre séries de températures annuelles pour l’ensemble du globe terrestre.

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Les quatre courbes se distinguent par leurs références, mais leurs allures sont assez voisines. La tendance générale est à une augmentation des températures, avec des écarts interannuels plus ou moins marqués. On note en particulier des pointes qui sont généralement attribuées aux phénomènes dits « El Nino » (notamment 1998, 2010, 2016), ainsi que des périodes de relative stabilité. 

Les températures de 2021 sont revenues au niveau de celles de 2015. Ces sept dernières années 2015-2021 auraient donc connu une sorte de « palier » qui n’est pas le premier du genre. Cette remarque avait déjà été faite ici même avant la COP26, et les deux derniers mois de 2021 n’ont fait que la confirmer.

Comme on est en présence d’une augmentation tendancielle des températures, un palier ne peut, par définition, que correspondre aux températures les plus élevées de la série considérée.
On peut illustrer le même phénomène en superposant cette fois les températures mensuelles.

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4/ Evolution des températures par zones terrestres.
On choisira à titre d’exemple les séries Gistemp4 du GISS, qui fournissent des températures annuelles moyennes par tranches de latitudes. On se limitera comme précédemment à la période 1979-2021.

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On sait que les continents se réchauffent plus vite que les océans et par conséquent l’hémisphère nord plus que l’hémisphère sud essentiellement maritime. D’où une sorte de gradient nord-sud. Il ne faut toutefois pas céder à une illusion d’optique : les zones circumpolaires (64°-90° N et S) ne représentent chacune que 5% de la surface terrestre. En comparaison, la zone intertropicale (24°N-24°S) figurée en orange représente 40% de cette surface, d’où son influence marquée sur l’évolution de la température globale. 

Les relevés par satellites racontent à peu près la même histoire, avec un découpage différent et des chevauchements de zones. Rappelons que les zones polaires sont imparfaitement couvertes par ce type de mesure indirecte.

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5/ Evolution des températures globales des sept dernières années.
Voyons maintenant le détail des sept années sous revue, « les plus chaudes » de l’histoire récente. En températures mensuelles et selon les quatre sources précédentes.

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Par zones et selon RSS à titre d’exemple.

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Aux irrégularités près, il est clair que la tendance des sept dernières années est à une stabilisation : il est facile de vérifier que les droites de tendance ont généralement des pentes nulles voire très faiblement négatives. On trouverait des résultats analogues en distinguant les deux hémisphères, ou terres et océans, ou autres combinaisons. On en fera grâce au lecteur.

6/ Conclusion (hum !)
On a déjà connu par le passé des « pauses » de ce genre. Celle-ci est encore relativement récente, et personne ne sait si elle est annonciatrice de quoi que ce soit. Natura facit saltus.

On ne peut que constater que dans le même temps la masse de CO2 dans l’atmosphère a continué à augmenter régulièrement. Voilà qui pourrait contribuer à entretenir le doute sur la validité d’une corrélation bien connue et universellement vénérée.

Gageons que nos « experts » trouveront à cette pause maintes explications ingénieuses à grands renforts de « modèles ».
Quelles conséquences aura la récente éruption du Tonga-Hunga (que certains comparent au Pinatubo de 1991) ?

Célèbrerons-nous dans un an les « huit années les plus chaudes » ?

On verra bien. Mais ne souhaitons pas vieillir d’un an, cela échauffe la bile.

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